Qui est-ce ?




Wilbur, 29 ans et 25 mois (depuis deux ans), à la recherche d'un monde meilleur



 



Un petit "clic" pour Les Dents de la Mer II,

un grand pas pour les poissons rouges


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J’étais en apnée. A vingt mille lieues sous une mer de boulot. Il y a un an, je suis entré dans l’agence de Flip, mon patron pré-pubère, et n’en suis plus ressorti.


Tous les matins, je me lève aux aurores (à 9h30), je fonce sous la douche (en rampant), j’enfile un costume (mais pas de cravate, faut pas exagérer !), j’avale un café (froid, ça va plus vite) et j’arrive au bureau sur les coups de 10h. Et là, ça commence : Madame machin veut qu’on fixe ses étagères ? J’appelle Samy, notre bricolo qui fait fondre le cœur des vieilles dames. Monsieur truc a besoin d’une femme de ménage pour réparer les dégâts de la veille ? J’envoie Anissa, la jeune étudiante en histoire férue d’eau de javel. Messieurs bidule & bidule-chouette veulent abattre une cloison et en remonter une plus loin dans leur appartement ? Big Bertha to the rescue ! Notre maçonne de 1,80 mètre pour 80 kilos de muscles entre en scène. Et ainsi de suite toute la journée.


Et je remplis de la paperasse.


Et je reçois de nouveaux candidats qui veulent rendre des services.


Et je joue au « ping-pong-bureau » avec Flip (les tapis de souris sont nos raquettes et Jumpy, notre balle-qui-rebondit-fétiche, est notre balle).


Et je vais chercher Hooligan le midi chez la nourrice pour le faire manger, parce que ma sœur, elle, elle ne peut pas son travail est trop loin et elle n’aurait pas le temps de faire l’aller et retour, mais elle préfère quand même que son petit Mougnou-Mougnou (c’est comme ça qu’elle appelle son fils ; que je sois damné si jamais j’appelle quelqu’un comme ça devant tout le monde) ait une présence familière le midi pour lui couper sa journée, donc je m’y colle.


Et l’après-midi, rebelote : téléphone, paperasse, factures, ping-pong… Jusqu’au soir. Je rentre chez moi lessivé, je fais une bise à Les Dents de la Mer II, puis je m’affale dans le canapé et j’attends.

J’attends qu’elle sonne à la porte pour lui ouvrir. Si jamais elle vient. Mais quand elle est là, on suit invariablement la même petite routine. Elle entre, m’embrasse, retire sa salopette, file sous la douche et hop ! On file au lit. Ça fait quelques semaines que ça dure, cette petite histoire. « Sans attaches », c’est elle qui me l’a soufflé d’entrée de jeu, quand on était au pieu, elle n’est pas du genre à fonder un foyer. D’ailleurs, la plupart du temps, elle ne reste même pas dormir.


Sans attaches.


Hum. On va bien voir.

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